Les études scientifiques sur le cannabis médical se multiplient, à un tel point que de nombreux gouvernements viennent à autoriser son usage. Les boutiques qui vendent des produits contenant du cannabidiol ne se cachent plus. Cela dit, de nombreuses raisons poussent Olivier Véran à donner le feu vert pour l’expérimentation du cannabis à visée thérapeutique. D’ailleurs, un budget y a été alloué dans la loi de financement de l’Assurance maladie 2020. 

Malgré la crise de coronavirus, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) s’active. Elle mettra les injonctions du ministre de la Santé français en œuvre. Les résultats (qui devraient sortir en septembre 2023) permettront de trancher sur la généralisation des traitements médicaux à base de cannabis. 

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Une prise en charge assurée par les professionnels formés en amont 

Selon le pharmacologue Nicolas Authier, les professionnels de santé volontaires qui assisteront à une formation spécifique de deux heures se chiffrent à 5 000 au plus. Il travaille au CHU de Clermont-Ferrand, où a été lancée la première expérience sur le cannabis thérapeutique. Une fois le module e-learning achevé, les principaux concernés pourront prescrire des médicaments contenant du cannabis.  

Parmi les traitements autorisés figure l’huile de cannabis, que les patients mettront directement dans leur bouche. Avec cette solution, le dosage demeure particulièrement précis, comme l’indiquent des représentants de l’une des firmes incontournables de la filière, Tilray. Les patients se font aussi administrer des fleurs séchées qu’ils inhaleront par vapotage. 

Les pharmaciens d’officine et les médecins traitants pourront renouveler la thérapie à base de CBD ou de THC. Toutefois, dans un premier temps, les remèdes ne seront accessibles que dans les structures hospitalières, dont les stocks seront régulièrement approvisionnés. À ce propos, quelques sociétés étrangères spécialisées dans la production de cannabis (qui fourniront leurs produits gratuitement) ont été sélectionnées par l’Agence du médicament. La décision en question a été publiée le 25 janvier dernier. 

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Une démarche thérapeutique limitée à quelques patients

251 établissements hospitaliers choisis par l’ANSM prendront en charge près de 3 000 patients qui seront soignés avec du cannabis médical. Ces derniers souffrent tout particulièrement de pathologies graves qui n’ont pas pu être atténuées par les traitements classiques suivis préalablement. Ces maladies sont listées ci-dessous :

  • Douleurs localisées dans le système nerveux ;  
  • Symptômes persistants chez les individus atteints de cancer ; 
  • Crises épileptiques sévères y compris chez les mineurs ; 
  • Situations palliatives. 

Alors que l’Agence du médicament prévoit d’inclure des mineurs souffrants dans le protocole, l’herbe médicinale sera contre-indiquée pour certains malades. Les antécédents médicaux de ces derniers révèlent par exemple des cas de troubles mentaux (comme la schizophrénie ou la psychose) ou de maladies cardiovasculaires. 

Les participants à l’expérimentation, qui détiennent déjà une ordonnance sécurisée, obtiendront une autorisation spécifique pour transporter du cannabis thérapeutique. Ils recevront leurs médicaments à base de plantes de chanvre tous les 28 jours, après une consultation classique.