De nombreux pays à travers le monde utilisent actuellement le cannabis thérapeutique, mais qu’en est-il de la France ? Dernièrement, la France a obtenu le feu vert de la part de l’ANSM (Agence du médicament) pour commencer une expérimentation de 2 ans sur des milliers de patients souffrant de maladies graves. 

Celle-ci a débuté en mars 2021 au CHU de Clermont-Ferrand. Pour la réaliser, le recours à des producteurs étrangers a été indispensable, la loi française étant contre la culture d’une plante de cannabis ayant un taux de THC plus de 0,2 %. Ils fourniront gratuitement les produits nécessaires au programme.

Qu’est-ce que le cannabis thérapeutique ?

Tout d’abord, il convient de savoir que le cannabis thérapeutique doit être prescrit par un médecin avant d’être délivré par un pharmacien. C’est un mélange de plusieurs substances. On y retrouve du THC, mais il est majoritairement composé de CBD. Ces molécules diffèrent par leur composition et leurs propriétés. 

La composition, le mode d’administration, la posologie et les risques du cannabis thérapeutique sont maîtrisés. Comme son nom l’indique, il est administré dans l’objectif de traiter une pathologie. Le cannabis non médical doit être utilisé à d’autres fins.

Qui peut prescrire du cannabis thérapeutique ?

La prescription de produits médicaux à base de cannabis est réservée aux médecins spécialistes qui exercent par exemple dans des centres :

  • Antidouleurs ;
  • Experts en sclérose en plaques.

En effet, la dose administrée à chaque patient dépend de la maladie. 

D’autre part, un médecin traitant pourra prendre le relais lorsque l’état du patient est bien stabilisé. Il doit avoir suivi une formation spécialisée, organisée par l’ANSM. Et sa participation au traitement se fait exclusivement par volontariat.

À lire : Du cannabis thérapeutique pour les porteurs du VIH/sida à l’hôpital d’Orléans

À qui peut-on prescrire du cannabis thérapeutique ?

Dans le cadre de l’expérimentation, le cannabis thérapeutique est utilisé sur des patients qui se trouvent dans une situation d’impasse thérapeutique, par exemple ceux qui présentent : 

  • Une forme d’épilepsie résistante ;
  • Des douleurs neuropathiques sévères ;
  • Des effets secondaires de chimiothérapie ;
  • Des contractions musculaires incontrôlées ;
  • Une pathologie affectant le système nerveux central.

Il est bon de noter qu’en France, tous les patients concernés sont répertoriés dans un registre national électronique. Ce dernier donne la possibilité d’effectuer un suivi sur l’évolution de chaque participant. Le traitement durera d’abord six mois. Il se poursuivra ensuite jusqu’à deux ans s’il se révèle efficace et s’il est bien toléré par la personne qui participe à l’expérimentation.

Quels pourraient être les effets du cannabis thérapeutiques ?

Les bienfaits procurés par les produits à base de CBD proviennent particulièrement de la molécule de cannabidiol. Celle-ci est connue pour ses effets apaisants en cas de douleur. Elle contribue également à l’amélioration du sommeil des patients qui souffrent d’insomnie.

Par ailleurs, les effets secondaires du cannabis médical sont surtout liés à la molécule de THC. Elle peut développer des effets d’ordre neurologique tels que : 

  • La somnolence ;
  • Les crises d’angoisse ;
  • Un état paranoïaque ;
  • Un risque de dépendance en cas d’usage prolongé.

Précisons pourtant que les contre-indications des traitements varient non seulement en fonction des antécédents du patient, mais également des molécules qui composent les produits utilisés. Mais, en principe, l’utilisation du cannabis thérapeutique est déconseillée chez les personnes ayant présenté :

  • Des antécédents de troubles cardiovasculaires (insuffisance cardiaque par exemple) ;
  • Une insuffisance hépatique ;
  • Des antécédents d’un accident vasculaire cérébral (AVC par exemple) ;
  • Une insuffisance rénale sévère ;
  • Des troubles psychotiques (schizophrénie par exemple).

Il faut aussi savoir que tous les patients ont l’interdiction de conduire tout au long de l’expérimentation. Autre détail important : chacun d’eux doit avoir déjà suivi plusieurs traitements classiques, sans résultat, en plus de ne pas présenter de contre-indications.

À lire : Légalisation du cannabis en France en 2021